Ce voile, nul mot ne le dit

Ce voile, nul mot ne le dit,
nul mot ne l’enserre,
derrière ce voile, un abîme,
une invisible frontière
sépare du rien, du vertige,
couture du monde, des fleurs,
des bêtes à l’affût des parfums,
de la terre et des fleuves,
au fil d’or fin,

voile, appel ou vide, il ondule,
volute, reflet fuyant au soleil,
les mains l’effleurent, la caresse
le crée, il se rétracte, vit de ce repli,
le toucher l’efface, le perd, le brûle,
et le retrouve intact, innocent, pur,
il se nourrit d’absence niée,
d’être ouvert sur, ni dedans ni dehors,

ce voile, les mots l’encerclent, le cachent,
le traquent, n’en disent rien, le disent,
les charognards mordent, arrachent,
s’en délectent, becs et mâchoires
claquent dans l’ombre des arbres,
cadavre chaud, sang frais,
se battent pour dire, dire, mais quoi,

la lumière glisse dessus, c’est tout,
il est la déchirure et la cicatrice,
le plus précieux, les yeux
le perdent, croyant le voir, déjà
dissout, dans un geste, une moue,
ce voile, masque, enveloppe
de quoi, l’infini, là, soudain,
ce voile du corps.

30 05 16. Inachevé 1

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