L’ombre des pins

Je de miroir, sans tain ni reflet. Piège
du marbre des statues, perte de l’écho
des yeux peints. Souffle d’une présence
enfuie. Tiède buée d’un halo de miel.

Haleine sucrée sur une épaule. Des mots
ruminés, distillés, séduisant chuchotis de
chapelle secrète. Douces lèvres offertes en
ce jeu de trompe-l’œil, ouvert sur le vide.

Sur l’abîme de l’innocent mensonge des
fresques ensoleillées, retraçant les grandes
batailles, les amours tus, les courses folles
à travers champs des enfants se tenant

par la main. Doux visages de combat et
de caresses enivrantes, de rires éblouis.
Corps enlacés, ombre des pins, tombant
dans les râles de l’oubli. Alors, il est livré

à l’errance, résiste à l’air empli de senteurs
exotiques, inventées au cœur de la nuit,
lorsque les draps, humides du sel des iris,
sont le linceul du temps. Il comprend enfin

l’essentiel du chant des merles et du figuier
aux branches lourdes de fruits, dans le vent
frais du matin. Jamais silence ne comble
l’appel du large, l’absence des mains nues.

12 04 16. Épiphanies 63

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