L’acacia du jardin

cNe plus rien voir, plus rien, marcher sans fin.
Ne plus se retourner, jamais. Mémoire brûlée.
Seulement des traces. Ici ou là, une ampoule
devant un seuil de roseaux peints, surmonté

de grappes rouges. Traces de pas. Une femme
tient serré son manteau, assise sur un fauteuil
en bois. Ne plus rien voir, marcher. Il pleuvine,
la peau revit. Le vent des montagnes fait frémir

l’acacia du jardin. Les petites feuilles pointues
tombent sur la margelle du puits, où un garçon
joue à jeter des cailloux en criant c’est la guerre,
c’est la guerre. Un cheval hennit dans son enclos,

se remet à brouter le sable, sous un ciel hérissé
d’anges morts. La femme, entre ses lèvres, c’était
il y a. Ne rien savoir. Oublier le chemin. Le ciel
est sale. Où aller. Poser le corps harassé, heureux.

La femme rit. La vallée s’illumine de joie. L’enfant
part en courant vers la rivière, où se cache l’ennemi.
La lumière du matin baigne le sang du cauchemar.
Il regarde, à sa fenêtre, les toits en feu dans le soleil.

11 04 16. Épiphanies 62

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