Un œil dans chaque main

Deux corneilles se battent dans un frêne,
une rose blanche nargue le vent indiscret,
le bois coupé lorgne le ciel du matin, dans
un fourré se tient le conseil des moineaux.

À deux pas, assis sur une marche de pierre,
il essaie, ne sait quoi, de faire bonne figure,
attendant mieux, mais croire, en quoi ou qui,
piège aux alouettes, appeaux de fin bambou.

Le décor bringuebale, oui mais tais-toi, essaie.
Le frêne est immense, les corneilles craillent
À fendre le crâne, d’un pétale l’autre, la rose
Se balance, vague œil blanc au bord de l’allée.

Le parc engloutit l’horizon, l’océan d’herbe
coupée bute contre d’impassibles grilles.
Il se tourne de tout côté, que dire. L’endroit
est si petit, ou lui, vide, alors attendre, dos

rond, parler peu, ou se couper la langue, ou.
C’est si dur, de se taire. Cela détruit en douce
ceux à qui on ne parle pas, ou presque plus,
à force de retenir et de vouloir les aimer, oh.

Aimer, quelle histoire, un œil dans chaque main,
les pieds couverts d’étoiles. Alors partir au loin,
se taire, ne pas détruire, jamais. Et cet endroit,
si petit, ou lui, il n’y peut rien. Un rouge-gorge

étoufferait de voler sur des braises, tu sais, lui,
petite boule chaude, il fait la nique aux merles,
mais dévasté, dans ce parc inexistant, il perd
ses forces, prends-le dans tes mains, aime-le.

08 04 16. Épiphanies 60

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