Le vent bleu

En un sourire au vent bleu, dans la houle
des épis, l’or balayant l’enfantine Castille,
il atteint l’horizon, l’absence de Dulcinée,
le cauchemar des grands moulins à venir.

Une aile seule, au petit matin, fugace abri
du vide apparent, luttant contre un souffle,
sans lequel les plumes seraient un caprice,
une aile suffit au courageux Chevalier, vers

les îles blanches tourné, pour que les mots
lui viennent à flot, aussitôt bus par l’air sec,
soumis au hasard des lèvres avides. Magie
des grands voiliers qui sillonnent le monde,

glissent sur les nuages. Ouvertes, les lèvres
sont la vie, l’amour possible. Fermées aussi,
rouges, blêmes, violettes, pincées, pulpeuses,
molles, riantes, arrondies, séduites, étonnées

par le torrent des mots qu’en son noble esprit,
en son corps, le Chevalier découvre, heureux,
pour que le chant de l’olivier berce les collines,
au cœur du silence apaisé des amants. ¡Vale!

08 04 16. Épiphanies 59

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