Heureux arbre à papillons

Heureux arbre à papillons, fraîche brise
des sommets. Voir passer devant la porte,
légère, une âme gracieuse, volant vers
la forêt pentue. Lentement, caresser l’air

de la main. Il se sent pousser des ailes,
observant la salle des pas perdus dallée
de sourires égarés. Soudain l’envahit un
parfum de néroli, l’immuable sommeil,

troublé d’amère douceur, des astres glacés
de solitude bleu nuit, la chevelure infinie
de Bérénice. Rêve envoûtant de l’ivresse
matinale des jardins de Cordoue. Viens.

Calme des patios. Au fond, la ville et les
remparts habillés de fête. Chargé de fruits
les figuiers tremblent, dans le pépiement
des moineaux. Tuiles incendiées, jasmin,

non, cheminées froides. Au fond du puits,
le corps ballotté par les remous du sexe.
Il s’étonne et se prépare au pire, la guerre
jamais n’est si loin qu’il puisse l’oublier.

Miniature chinoise. Charrette tirée par de
paisibles buffles, têtes levées, ciel de jade,
foin d’ivoire lié d’or. Un enfant recroquevillé
dans un trou de paille rêve d’être chevalier.

Puis il marche, tu es là, dans une rue pavée,
manquant à chaque pas de s’évanouir dans
l’oubli. Jamais il ne s’assoupit, veillant sur
le chemin, l’ondulation nacrée des herbes

folles sur les collines, et jusqu’aux sombres
forêts trouées d’yeux. Ils traquent les proies,
de sang, de muscles, d’os blancs, si petits.
Jamais il ne dort, dans l’attente du jour nu.

01 04 16. Épiphanies 52 (wip)

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