Les lucioles

Sauterelles bleues et petits papillons fuient
devant les sandales défaites. Une buse plane
dans le matin brumeux. Au loin, les cloches
d’un troupeau n’apaisent pas l’enfant chagrin.

Il jette des cailloux aux nuages, les doigts
mouillés de rosée, la langue humiliée par
le sang de la nuit, l’incessante pluie dedans,
poignées de boutons d’or au fond des yeux.

Son visage est collé au ciel et à la terre,
traversé de secousses enfouies. Le corps a
la mémoire des jouets cassés, et le hoquet
serre le ventre au rythme des filets de lave.

Lèvres et narines tremblent, il ne sait rien
de la tristesse du monde lointain, refusé,
de la tendresse évaporée dans les bras nus,
chagrin des torrents cachés sous les fleurs.

Au cœur des failles rocheuses, à-pics de feu,
sous les fougères et les orties indifférentes,
rires et pleurs, un refuge, chaud, aussi doux
que duvet d’oie sauvage, pour l’enfant projeté

dans le vide, la solitude, étonné de voir la nuit
clouée à sa fenêtre ouverte sur les montagnes,
le ciel parfait, laisser entrer le souffle de la vie,
si joyeux, quand les lucioles envahissent la forêt.

23 03 16. Épiphanies 44

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