En forêt

En forêt, la tragédie des arbres.
Mon rire s’est cassé. Du verre.
Sous le pied craque du bois tombé,
couvert de mousse au délicat parfum.

Plein ciel, des branches à l’aventure,
dressées vers, je cherche. Le bleu.
Des petits bouts, pointus, plantés
dans l’écorce des grands hêtres.

À terre aussi, tapis d’humus, mon rire.
Inutile prière, ramures giflées par le vent.
Brisé d’un coup. Silence de plomb.
Le soleil brûle tout, cœur, poumons.

Mille miettes éparpillées, mon corps.
Enfouies sous des feuilles de chêne,
à dos de fourmis, chemin tortueux
disparu dans un trou de terre rouge.

Les arbres, si grands, elles, si petites.
La vie, mystère. Je riais et d’un coup,
je n’ai rien vu venir, j’ai levé les mains.
Trop tard. Les enfants font ça, enfin.

Des oiseaux piquent les baies du fourré.
Inextricables ronces, touffes de laine.
Le chemin n’est pas loin. Je repars.
Je ne veux pas retrouver le chemin.

Je le sais. Dès qu’il y a un chemin,
je m’égare, mon rire se fendille,
je lance des mots dans le vide,
perdu, je ne sais plus où tu es.

21 03 16. Épiphanies 40

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