En tout lieu

En tout lieu, ville ou forêt, désert, vallée,
inutile d’aller aussi loin, dans cette rue,
passer le Canal, le café, la boulangerie.
À la poste, petite file d’attente, un colis,

une lettre. Devant soi tombe un papier,
se baisser, nez à nez, bouche à bouche,
visage surpris, sourire effacé à la va-vite,
cœur frétillant, poisson pris, dehors klaxons

complices, oui, attention, tout est possible.
Monde ouvert fermé, et le colis, une main,
des cils, des seins, des yeux, tout cela sur
un papier tombé, écrit lu relu, en tout lieu

s’attendre à croiser, qui, se baisser, prendre
le papier. Avis de passage, se présenter tel
jour telle heure, s’offrir, là, comment savoir,
l’autre a vu, bouche à bouche. Dans le colis,

des fleurs, des rires, des voyages, des lits,
des cafés, partir, et c’est posté d’où déjà.
Il s’attend à croiser, mais qu’il ne verra pas,
qui sait, ne pas ouvrir le colis, rêver, non.

Scotch, papier kraft, hop, voilà des yeux,
des rires, entrer dans la poste, espérer
qu’un papier tombe à terre, tout le reste,
non, c’est trop. Ne pas partir en courant,

balayer les tempêtes, rire des naufrages,
être là, patienter dans la file, sans attendre,
cela ne sert à rien. Le boulanger tire du four
des palettes dorées, croissants, chocolatines.

16 03 16. Épiphanies 38

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s