À la fin du Quichotte

À la fin du Quichotte, fort vent tourbillonnant,
la page soudain frémit, volets fenêtres battent,
il pleut sur le tapis, sur le fauteuil. Il se lève
d’un bond, là se fige, que sait-on de la mort.

Rien, ce n’est rien, le temps presse, Alonso
Quixano, le Bon, Je fus fou, d’outre-monde,
Ô sagesse du fou. Les rideaux arrachés
saignent sur les carreaux, fermer les volets,

sinon, sinon quoi, rien. Là-bas, le vieillard,
les yeux grand ouverts, dicte son testament.
Dehors, furie, colère, arbres, ciel, océan,
sens dessus dessous, tout claquemurer.

Sacrements du dernier jour, errant ici là,
champs déchiquetés, failles bleues, noires,
une montagne de ciel, esprit de la forêt.
Ci-gît le robuste hidalgo, a rendu l’âme,

à qui. Le toit s’envole, portes et fenêtres.
Laisser entrer l’eau, toute l’eau, et la terre,
lit des fleuves, le ciel profond, enfourcher
Rossinante, sur la berge infinie planter droit

l’épouvantail, à la gloire du monde. Superbe
croque-mitaine, mais personne n’a peur,
il est la bonté même. Les pages se diluent,
le visage de Sancho, sculpté dans les nuages,

s’étonne des caprices du vent, mon bon maître,
les mots roulent, happés. Enfin s’ouvre le vide,
le livre est un abîme, l’orage brise les chaînes,
Don Quichotte sourit, que sait-on de la vie.

14 03 16. Épiphanies 36

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