L’épaisseur du désert

Tenter de mesurer l’épaisseur du désert.
Rues envahies, soleil de nuit, oublieux,
bruits étouffés, lointains, niés. Bouches
de sable, lèvres collées de sel. Le silence

suinte aux paupières. Marche forcée du
monde, gravats de séismes, de guerres,
d’exils forcés, dedans, dehors, partout.
Abandon abyssal des arbres, des fleuves,

bêtes et hommes parqués. Mépris de tout,
des enfants, des visages, des bourgeons.
Les pas résonnent entre les murs, couloirs
pentus, escaliers borgnes. Rien ne persiste

au cœur du retrait, faïence éclatée de l’être,
crisse sous le sang des pieds. Chaque goutte
contient le tout, le bleu des profondeurs, cris
noyés, néons du hasard, vaste béance. Être là.

Se réveiller, se lever, s’ouvrir enfin, et boire
l’eau fraîche, le noir du ciel, se laver, offrir
sa peau au vent marin, son corps fourbu de
n’être plus rien, et quelques mots à l’horizon

pour faire taire les remous, briser le ressac
des joies têtues, des rires qui résonnent ici
et là, au bord du précipice fleuri de la vie,
fragile parade à la violence plantée en elle.

13 03 16. Épiphanies 34

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