L’hôtel ne dort pas

L’hôtel ne dort pas, pénombre inconnue.
Flotte un indéfinissable parfum de fleurs,
de produits d’entretien, sol et meubles.
Couvre-lit vieillot, nid d’abeille, blanc.

Aux murs, des marines, des plages
anciennes, papier gaufré coquille d’œuf.
Fenêtre vert passé, volet florentin écaillé.
La rue grouille de musiques chaloupées,

le café est bondé, des enfants courent.
La nuit a envahi le ciel, et le souffle
des vagues, au loin, caresse les vitres,
se répand dans la chambre en volutes.

À l’étage supérieur des talons claquent.
La moiteur coule sur la peau du visage,
sur tout le corps, écrasé de chaleur, collé
aux draps rêches, nu, bataille charnelle.

Lumière zébrée des larges persiennes,
à terre, losanges carrelés ocres et blancs.
Tous ces bruits de rue, petite place ronde,
bancs de pierre, arbres étiques, chantent.

Aux fenêtres se balancent des légendes
de soie, des récits d’aventures, îles bleues.
L’amour et la joie teintent les façades.
Il faut sortir, le monde bouge et palpite.

Il faut plonger au cœur des regards,
cesser de mâcher une langue de papier,
boire l’alcool des fruits saturés d’or,
danser sur les blessures de l’histoire.

12 03 16. Épiphanies 31

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