Vie secrète

Vie secrète au fond du parc cerné de briques
rouges, feuilles à terre effleurées, panache
d’un écureuil en feu qui soudain s’évapore,
au cœur des branches entrelacées, traits de
lumière plantés dans l’humus noir et or,

épandu au pied des troncs. Les statues
académiques veillent, toges de pierre,
sylphides étonnées. Leurs regards passent
les grilles, rejoignent les portes claquées,

les pas pressés, les vélos. La ville est
caressée par le souffle des voitures.
Sur les trottoirs, le frôlement des êtres
fait se mouvoir des planètes intérieures.

Corps devinés, visages des yeux touchés,
joues pâles, bouches nimbées de soleil.
Deux mains serrées jouent à se quitter, se
retrouver, les doigts miment la tragédie

des départs à la guerre, des retours espérés,
des cris de joie quand enfin les peaux nues
se réchauffent à l’abri du monde indifférent.
Mystère de l’existence au fil ténu, décor
merveilleux d’un drame voué à l’oubli.

10 03 16. Épiphanies 29

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