La nuit toujours la nuit

La nuit toujours la nuit se lever tout éteint,
sortir à tâtons, chambre moite, la lumière
blesse le corps impatient, faire voler le drap,
la couverture à terre en boule, un petit livre,

rectangle pâle, boire un verre d’eau fraîche,
la cuisine s’ébroue, table, carafe, étagères
laquées, boîtes de thé, plafonnier, planche
à pain, rien ne bouge, pourtant si, le ficus,

la misère, feuilles tournées vers lui, au centre
de la pièce, pieds nus, le visage écrasé dans
l’évier, vaisselle sale, ranger demain, là non,
non, le verre est bu d’un trait, sortir, détaler,

que faire, partir, mais où, très loin, revenir
jamais, ou alors la nuit, à nouveau la nuit,
lit défait, draps humides, la nuit, et le froid
d’un coup, sur les murs, porte-fenêtre, halo

du lampadaire de la rue, ouvrir la nuit, tout,
le froid entre, oui, avoir froid, la vie butine
les fleurs de peau, frotter la peau, doucement,
souvenir de caresses enfuies, lèvres, murmures

étouffés, soudain se dessine la crête pâle des
cyprès bleus, là, des maisons, la nuit meurt,
les paupières brûlent, se recoucher mais elle
est là, sur l’oreiller, l’attend toujours, dans la

bouche, dans le ventre, les mains cherchent,
le jour, trouvent le hasard des rêves, des jours
éparpillés sur le plancher, et puis plus rien,
le ciel immuable, le noir silence, déréliction.

10 03 16. Épiphanies 28

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s