En vue de Tarifa

En vue de Tarifa, s’endormir en criant, lutter.
Port brûlé de silence, routes noires, défoncées
par la famine, l’ombre policière, l’acier froid
des fusils, les bicornes en carton-pâte. Faire

de la nuit le jour, boire la poussière des nuages,
des oliviers de marbre, des écorces de chênes,
des statues rongées de ciel. S’assoupir assommé,
au milieu des chicots d’une ville assiégée

depuis des millénaires. D’un bond se relever,
jeter des pierres au loin, chasser les ongles noirs,
les yeux ensanglantés. Nourrir les oiseaux, les rêves,
lancer aux quatre vents le nom d’une femme drapée.

Visage d’un ange au détour des rues, des terrasses,
des forêts. Patience des marins, montagnes asséchées
où résonne le mythe. Aimer, n’avoir rien d’autre à soi,
marcher à travers champs, guetter l’être à venir.

11 03 16. Épiphanies 30

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