Le nuage d’étourneaux

Le nuage d’étourneaux hésite à se poser,
marcher devient pénible, le sol est mou,
se dilate et se resserre dans le même temps,
les voitures glissent sur la fange des eaux,

image parfaite d’un vertige reconduit,
les magasins arborent des couleurs vives,
d’une chute interminable vers le haut,
personne ne bronche, chacun vaque muet,

comme toute les chutes, bien sûr,
peut-être mon esprit a-t-il raté une marche,
qui font valser les os jusqu’au plus profond,
alors, du vide que les oiseaux dessinent,

du ciel, il s’étire, imite une goutte d’eau,
surgit ce je ne sais quoi, ce presque rien,
qui peine à se détacher de la gouttière,
ce rire des profondeurs, si doux, mystérieux,

d’un coup s’abat sur les platanes du boulevard,
les branches s’agitent, jacassent, criaillent,
je me souviens d’une promenade en forêt,
d’un voyage en train, du survol de l’Afrique,

les étourneaux tiennent conseil, partir, rester,
de l’arrivée à Tanger, des ronds dans l’eau,
en quelques secondes, ils quittent la ville,
à cause du vent d’est, si fort, ce vent marie

l’Atlantique et la Méditerranée, si tu voyais,
le Détroit moutonne sous un ciel transparent,
à la proue les dauphins jouent, les étourneaux
d’un coup font exploser les arbres nus, secs.

Épiphanies 14

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