Le cerisier

Sous le cerisier, une forte odeur
de fruits pourris, d’alcool,
dans l’énervement des guêpes,
des mouches, au loin des cloches,

le chemin s’est perdu dans l’herbe,
d’un coup, un trou dans les ronces,
un verger, les feuilles brûlent,
deux merles piquent le sol

imprégné de sucre gâté, de pisse,
l’ombre est épaisse, grasse, moite,
y entrer pour se protéger du soleil
reviendrait à faire un pas vers la mort,

alors marcher, là-bas, les roches,
abruptes, la dentelle des peupliers,
la fraîcheur d’un mur de pierres,
mon visage bat la campagne, les yeux

à vif, mieux vaudrait pleurer que
tout ce sel qui dégouline du front,
sur le dos le poids des paroles tues,
entendre le souffle des bêtes,

m’arrêter là, ne plus bouger,
dormir un peu, rêver,
est-ce encore possible,
ballet de sauterelles, de papillons,

et toi, libellule, le sais-tu,
ton vol est cassé, magnifique,
en quelle langue écris-tu,
avec tes ailes bleues.

03 03 16. Épiphanies 13

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