Léviathan

Bus bondé, une petite dame en chapeau,
son chien petit, noir et blanc, très inquiet,
haletant à un rythme effréné, l’air blessé,
à chaque coup de frein, oreilles pointées,

langue tombée ravalée, la main caresse
cou et fin collier rouge, elle pleure, non,
reflet de la rue dans les verres bleutés,
il gémit, ce qui blesse contient le remède,

souffle rauque, elle tient la laisse serrée,
n’est blessure que celle que l’on s’inflige,
d’un coup je vois des pins, la mer, le cap,
au large, des côtes battues par les vents

affolés du levant, algues et roches lissées
de sel, implacable soleil, parasols couchés
sur la terre rouge qu’aucun pas ne foule,
dans le murmure des branches, refuges

des mues imaginales offertes à la voracité
des fourmis, sur l’eau fripée, crêtes d’écume,
glisse le chant de voix anciennes et à venir,
qui le jour et la nuit se moquent de la houle

hébétée, tissu bariolé des écailles de la vie
dont l’être se recouvre pour éclairer l’abîme,
englouti par le léviathan, gueule ouverte,
le chien saute et les platanes chantent.

29 02 16. Épiphanies 1 (wip)

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