Ah, rire de tout…

Ah, rire de tout, de soi, des oripeaux, des leurres,
des grimages, des pleurs, du corps et du silence,
mais pas des ruisseaux bordés de mousse fraîche,
qu’un pied maladroit détache d’une roche noire

et brillante, palpitant de gaieté dans les reflets de l’eau,
filant vers les lacs, l’océan, rire de tout sauf du mépris,
si aisé devant la faiblesse, rire de sa propre faiblesse,
sauf du combat de l’être, dans l’ombre des sous-bois,

rire de tout sauf des fous, des enfants, des amants,
si prompts à se jeter dans les bras, dans l’abîme,
dans le vent des tempêtes, ne voyant que des îles
où pointent au ras de l’eau des rochers, des écueils,

rire de tout, ah, être libre et joyeux, danser devant
la mort, rire de la mort, du sérieux et de la vanité,
ni moquerie, ni orgueil ni envie, dressé contre le vent
putride, dont même l’humus au délicat parfum ne veut,

humus où se terre la girolle, non pourriture qui pue et
se délecte de couardise, rire de tout, sauf des arbres,
des statues et des fleuves, de la journée qui s’ouvre,
en un regard naïf accueillir la beauté qui s’y cache.

29 02 16. Épiphanies 2 (wip)

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